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de l'imprimerie
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Bibliographie |
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L'Occident et Gutenberg
La typographie |

Portrait de
Gutenberg
par André Thevet
(1584) |
Le XVe siècle fut le siècle des navigateurs et des explorateurs
(Christophe Colomb, Henri le navigateur), mais il connut également
une autre grande épopée, celle de l'imprimerie. Si Johannes
Gensfleisch zum Gutenberg ne peut pas historiquement être considéré
comme l'inventeur de l'imprimerie, il a eu le mérite d'avoir
fait la synthèse de plusieurs techniques, telles la création
d'un alliage au lieu de bois pour la fabrication de caractères
mobiles et multipliables par moulage, la mise au point de la presse
à vis et de l'encre grasse à base d'huile de lin et de
suie de résineux.
Gutenberg était orfèvre et grâce à son savoir-faire
et son génie, il acheva l'impression d'une magnifique bible de
1284 pages disposée sur deux colonnes et comptant quarante-deux
lignes par colonne (d'où son nom : la bible à 42 lignes).
Deux cents exemplaires furent tirés sur papier et sur velin.
Cette bible est le premier livre imprimé en Europe, c'est une
véritable oeuvre-d'art.
Seul Gutenberg réussit à résoudre les innombrables
problèmes techniques qui se posaient, et à concevoir des
outils aisément utilisables. Les processus de production et les
presses avaient atteint d'emblée la quasi-perfection, seules
des améliorations mineures y furent apportées pendant
les 350 ans qui suivirent cette innovation. |

Atelier d'imprimerie à
Lyon, A. Vérard
enluminure du XVIe
siècle |
Né à Mayence avant 1400, Gutenberg était installé
à Strasbourg en 1438, il mène dans le plus grand secret
des recherches sur la fabrication de caractères mobiles métalliques
plus performants que ceux en bois. En tant qu'orfèvre
il connaissait
bien la technique des poinçons, des matrices, des moules et des
alliages de métaux. En 1448 de retour à Mayence, il perfectionne
son invention. Il met au point la technique pour faire tenir chaque
lettre de l'alphabet sur
un minuscule morceau de métal. Sa première fonte comptait 270 caractères différents.
Ces caractères pouvaient être assemblés à la main en d'infinies combinaisons de mots et de pages prêtes
à être imprimées et surtout immédiatement
réutilisables.
La fabrication d'un caractère commençait avec la gravure
en relief d'une lettre au sommet d'un poinçon dur. Celui-ci servait
à frapper une matrice en métal plus tendre, qu'on plaçait
ensuite dans un moule. Un métal fusible à basse température
(étain ou plomb), était alors versé dans le moule.
Une fois que l'ensemble des caractères était réalisé,
ils étaient répartis dans une casse de bois, les lettres capitales dans le "haut de casse" et les lettres
minuscules dans le "bas de casse". |
Atelier de
typographie
(Encyclopédie Diderot &
D'Alembert) |
La casse de bois
(Encyclopédie Diderot &
D'Alembert) |
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A partir de 1450, Gutenberg s'endette lourdement pour poursuivre son
oeuvre auprès du banquier Johann Fust, mais faute de pouvoir
le rembourser il dut lui céder les bibles et une partie de son
matériel. Fust s'associa alors à un des employés
de Gutenberg, Peter Schoeffer et ils publièrent ensemble trois
ouvrages dont un recueil de psaumes qui fut le premier livre imprimé
en couleur et à porter l'adresse et la devise de l'imprimeur.
En Allemagne, l'imprimerie se développe également très
rapidement à partir des techniques mises au point par Gutenberg,
mais la principale contribution de ce pays fut sans nul doute l'invention
du livre illustré. Imprimeurs et graveurs unirent
leurs talents
pour réaliser des livres ou le texte et les illustrations se
cotoient. |
Ackermann aus Böhmen de Johannes von Saaz
(1463)
(Bibliothèque nationale, Paris)
Livre illustré : l'image était
gravée sur bois en relief, puis coloriée à l'aquarelle |
C'est à Venise que Conrad Sweynheyn et Arnold Pannartz publièrent
un ensemble d'ouvrages en caractère romain primitif, mais encore
très marqué du gothique allemand. C'est à Rome
vers 1467 qu'ils dessinèrent de nouveaux caractères proches
de la calligraphie italienne et éditèrent une quarantaine
d'ouvrages.
Nicolas Jenson, créa entre 1470 et 1480 à Venise, les
plus beaux livres imprimés depuis Gutenberg et trois alphabets,
romain, gothique et grec qui comptent parmi les oeuvres majeures de
la Renaissance italienne. Dès lors le caractère romain
devait s'imposer.
L'apparition du livre de poche est due à Alde Manuce qui fut
le premier imprimeur à s'affranchir totalement du livre manuscrit
en éditant des livres de petit format et aux tirages suffisamment
importants pour satisfaire la demande européenne. Ses caractères
romains et italiques firent faire de nouveaux progrès à
la typographie naissante. Entre 1495 et 1496, il publia un petit ouvrage
de 60 pages, Le Dialogue De Aetna de Pietro Bembo avec un caractère
dessiné par Griffo qui est considéré comme le premier
caractère vraiment moderne. Manuce fit également dessiner
par Griffo un caractère cursif, l'italique qui permettait d'augmenter
le nombre de mots par page, le premier exemple est un Virgile de
1501.
L'italique devait s'imposer ensuite comme signe distinctif du livre
humaniste. |
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